Sans domicile fixe – Enfermés dehors

Sans domicile fixe – Enfermés dehors

Dans le matin qui se réveille sur un voile blanc de givre Huby traverse d’un pas vif comme une pastille de menthe le parc encore étouffé par ce brouillard de février. Les silhouettes des passants se déchirent une à une sur ce fond laiteux comme une salle fumeurs. Le café chaud fumant de plaisir du Balto est au bout de l’effort prêt à réchauffer le cœur de nos joyeux drilles.

 

Huby « Je viens de croiser dans le parc « gros Bonbeck » un SDF. Lui et son chien, faisaient une bien triste tartine allongés sur ces cartons marqués d’un verre pour signifier un contenu fragile. Dans ce décor de favela festonné du bleu des sacs poubelle, je ne sais pas s’il dormait mais je n’ai pas osé le regarder. Avec ce froid on va le retrouver mort sur son matelas de fortune. De gré ou de force il faut l’emmener dans un foyer. Dans notre société, organisée comme un plateau de fruits de mer on ne va tout de même pas le laisser mourir sans réagir ? »

ARCHIBALD « L’hiver n’avait pas commencé qu’il y a déjà eu six SDF morts, pas tous décédés à cause du froid. Pas simple de régler une situation de ce type qui plus est avec un animal ; unique compagnon de la détresse. »

Blaireau « Son chien, c’est sans doute le meilleur fusil pour tuer le temps. »

Madgic « J’en ai parlé avec lui d’aller dans un foyer d’accueil, il ne veut pas. Il craint de se faire voler les quelques misérables affaires qui le relient encore un peu à un monde qui ne veut plus de lui. Et que fait-il de son chien ? Le seul regard de bonté qui se pose encore sur lui, dernier témoignage de compter encore pour quelqu’un. »

ARCHIBALD « Tu sais Huby, l’emmener de force même pour son bien comme tu le penses, c’est ne pas respecter sa liberté. C’est la dernière chose qui lui reste. Même au nom d’un bon enferm-s-dehors.jpgprincipe il faut respecter son choix qui ne vaut pas moins que le tien. »

Magmax « Dis-donc, tu parles comme un livre toi. Pour t’écouter il va falloir mettre des lunettes. »

Cake 40 « Quelles que soient l’histoire, l’origine, la race de ces hommes et femmes, il n’est pas pensable de les voir mourir de froid ou de faim dans la Patrie des Droits de l’Homme. » 

Madgic « Plus il y a d’hommes et moins il y a de droits ! C’est çà le progrès de la Justice. »

Huby « Pour le progrès je ne sais pas dire mais pour la lenteur … ça relève du pléonasme. »

ARCHIBALD « Je ne sais pas si ça plait au Nasme mais si la Justice des hommes est lente c’est qu’elle n’a
que deux vitesses. »

Madgic « On dépense suffisamment d’argent en conneries et notamment pour acheter 1 Tapie, pas vraiment d’orient, pour ne pas en réserver une part pour des zones d’accueil couvertes et chauffées, libres d’accès dans l’esprit de celles prévues pour les gitans. Mercedes à part, ils ne valent pas moins que ces caravaniers aux paraboles en érection et aux ordures qui éjaculent sur nos pompes. »

Blaireau « Il est urgent de trouver des solutions avant les grands froids. Quand il gèle à pierre fendre, ça écarte les fesses des statues faisant apparaître leur cœur de pierre. »

 

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à la semaine prochaine …
                                si vous le voulez bien

 

5 Commentaires

  • bonjour Trugluff
    je te souhaite un bon vendredi ensoleillé –
    je t’embrasse –  Lady Marianne

  • Fléau de notre société des temps modernes …
    Le spectre du chômage fait aujourd’hui songer à beaucoup d’entre nous à quel point l’équilibre est fragile entre les deux  » mondes  » …
    Si l’on n’est pas capable d’intégrer la dimension humaine et ses affects dans la prise en charge de la misère, alors, c’est à désespérer…
    Et je comprends que certains (nes) se replient encore un peu plus sur eux-mêmes…
    Triste époque que la nôtre …

  • S’il ne veulent pas être emmenés de force, c’est qu’ils n’ont pas envie d’y aller volontairement. Les refuges pour SDF sont à leurs yeux pires que la rue.
    Oui mais, dans la rue, on les voit mourir!
    La société les a exclus ou pas aidés, certains en meurent. On veut bien les chasser mais pas qu’ils en meurent. C’est pourquoi la mode est aux safaris-photos.

  • Pas facile de garder un ton leger sur ce sujet…
    Je ne sais plus qui a dit « donne un poisson à un mendiant, tu le nourriras un jour, apprend lui à pécher, tu le nourriras toute sa vie » (il portait une barbe, et vers la fin de sa vie, il s’était
    fait couronner d’une étrange manière)…encore faut il que le mendiant veuille pécher… c’est la que la logique aussi pèche!
    Commençons donc par aider ceux qui veulent bien l’être (sans pour autant leur acheter des mercedes et des caravanes luxueuses, sur nos impots – certains en profitent déjà, vérifiez: c’est
    vrai!)
    Pour les autres respectons leur choix, tout en les mettant en garde, et en leur gardant la main tendue. Amicale mais ferme. Mais amicale.
    Bref, des structures d’urgence: oui! mais seulement pour de l’urgence! Pour le reste « donnant-donnant », peut être aussi que là se trouve une des clés de la dignité! …réciproque et mutuelle!

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