Mouais... pas terrible, hein ?... Le bon sens populaire ayant visiblement accumulé trop de retard à l’Élysée, ma missive au Chef de l’État s’est avérée un peu plus dense que prévu. Pour vous éviter une indigestion administrative et préserver vos yeux de cette avalanche de vérités, j’ai décidé de scinder cette véritable lettre ouverte au Président MACRON en deux articles distincts (elle lui a été envoyée). Voici donc, sans plus attendre, la première partie de notre état des lieux national. Installez-vous confortablement, aucun formulaire Cerfa n’est requis pour la lecture !
“ Monsieur le Président,
J‘avais prévu de vous écrire plus tôt. Malheureusement, il m’a fallu remplir le formulaire Cerfa SourceCentre d’enregistrement et de révision des formulaires administratifsde demande d’autorisation pour vous signaler que la France marche sur la tête. Ensuite, j’ai attendu l’avis de trois commissions, d’un Haut Conseil, de deux autorités indépendantes et d’un comité Théodule chargé de vérifier que le bon sens ne présentait pas de risques pour la République.
Au moment où je vous écris, j’attends encore le récépissé. Je prends donc le risque de vous écrire illégalement. Après tout, en France, il paraît que le plus grand danger reste d’oublier de cocher la case 7 bis avant de signer en bleu.
Nous avons réussi un exploit qu’aucune autre nation n’avait osé tenter : transformer la logique en procédure, la procédure en exception, puis l’exception en formulaire de vingt-quatre pages.
Premier constat : la solidarité à géométrie variable
Prenons le logement. Lorsqu’un campement sauvage de Roms brûle, l’État se mobilise à une vitesse qui fait pâlir les pompiers de Paris. Hébergements d’urgence, assistance, accompagnement… Pendant ce temps, l’étudiant qui dort dans sa voiture entre deux examens ou le salarié qui enchaîne les fins de mois impossibles découvre que la solidarité fonctionne parfois comme la fibre optique : elle passe juste à côté de chez lui.
Continuons avec les aides sociales. Beaucoup ont le sentiment d’un système plus généreux avec celui qui arrive qu’avec celui qui a cotisé 45 ans. Un agriculteur, peut nourrir la Nation accroupi toute sa vie, et toucher une retraite qui lui permet tout juste de survivre. Peut-être existe-t-il une logique. Si oui, elle est bien cachée telle une archéo logique.
Deuxième constat : le travail, sport extrême
Il circule l’idée que l’on peut parfois gagner plus à ne pas travailler qu’à travailler.
Ce n’est sans doute pas une règle générale mais dans un pays où cette idée circule librement, il est plus que temps de revoir le mode d’emploi du travail.
Troisième constat : la justice et sens de l’orientation
La Justice mérite également une ovation pour sa capacité à débattre longuement du sort judiciaire d’un ancien Président pendant que les délinquants multirécidivistes connaissent mieux les portes de sortie que les portes d’entrée
des prisons. Les citoyens ne demandent pas une Justice spectaculaire mais simplement une Justice qui protège les honnêtes gens avant de perfectionner les droits de ceux qui les agressent.
Quatrième constat : le sport, théâtre national
Dans les stades, on casse des sièges, des commerces, parfois plus. Puis tout le monde rentre tranquillement.
Si je casse une borne de stationnement avec ma voiture, je paie. Si certains cassent un stade entier, cela devient un « fait divers sportif ».
Cinquième constat : tolérance 0 pour nos Gardiens de la Paix
Nos policiers, eux, accomplissent leur mission avec sérieux. C’est un métier où le moindre geste est disséqué, observé, critiqué quand celui qui les agresse bénéficie d’une indulgence infiniment plus confortable. À force de protéger tout le monde, on finit par oublier ceux qui nous protègent.
Sixième constat : inflation législative
En France, face à un problème, on crée une loi. Puis une autre pour corriger la première, comme si l’on pensait qu’un texte supplémentaire allait spontanément faire respecter les cent précédents. C’est un peu comme acheter un
dixième verrou alors que la porte reste ouverte.
Septième constat : les prisons connectées
Nos prisons méritent également une mention spéciale. Certains détenus disposent encore de téléphones portables leur permettant de poursuivre leurs trafics depuis leur cellule. Voilà une réussite extraordinaire du télétravail à la française.
Si vous ne pouvez pas attendre la semaine prochaine voici la suite…

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