
« La fécondation se produit quand le spermatozoïde gagne la course. » — Candidat anonyme, note : 2/20, ambiance : 18/20.
Des copies d’examen entre science et délire poétique
Dans le prolongement des perles du Bac 2025, et suite … on peut admettre qu’il y a des copies qui mériteraient un 18 – pas pour la science mais pour l’ambiance. Ces perles sont des bijoux inaltérables de l’humour culturel, produit de notre Éducation occidentale.
Chaque année, dans les salles d’examen du monde entier, des adolescents héroïques affrontent le grand mystère de la reproduction humaine avec trois stylos, une sueur froide et un niveau de précision scientifique proche du LOTO un lendemain de teuf. Et c’est ainsi que naissent les perles mais sans les huîtres.
« Le spermatozoïde, livreur Amazon sans slip
Il devient un petit champion de natation, un petit aventurier ou un livreur Amazon mais sans slip qui « sait où aller ». On ne parle plus de biologie, on est sur un GPS émotionnel. L’ovule ? Lui, « attend tranquillement qu’on vienne le réveiller ». On quitte le manuel de SVT (science de la vie et de la terre), pour entrer dans un conte Disney sponsorisé par le Collège Public.
Et puis il y a la puberté. Ah, la puberté ! Ce moment merveilleux où, selon certaines copies, « le corps commence à faire des expériences sur lui-même ». En gros, l’adolescence serait un laboratoire clandestin monté par les hormones dans un hangar de Rave party, au DJ caché derrière une voix qui mue. D’ailleurs, les hormones, parlons-en : elles « contrôlent les adolescents pour qu’ils deviennent compliqués ». Pour une fois, c’est plutôt bien observé. Il manque juste deux ou trois chapitres, un professeur, du respect et un peu de dignité.
Placenta traiteur, cordon USB-C et fœtus sous bouteille de plongée
Le placenta, dans cette poésie scolaire, devient un service traiteur. Le cordon ombilical ? « Un peu comme un chargeur. » ce qui est très moderne. On imagine déjà le père demander à la maternité si le bébé est livré en USB-C. Quant au fœtus, il reçoit de l’oxygène de sa mère « sinon il serait obligé de respirer tout seul ». Le drame évité de peu – on était à deux doigts d’un nourrisson avec bouteille de plongée.

Denis Brogniart dans une trompe de Fallope
Mais la vraie grandeur de ces réponses, ce n’est pas l’erreur, c’est l’assurance, le ton, la majesté du/de la candidat(e) qui n’a aucune idée de ce qu’il(elle) raconte mais qui pose ça sur la table avec l’aplomb d’un expert BFM en direct devant une station-service. « La fécondation se produit quand le spermatozoïde gagne la course. » Voilà. C’est Koh-Lanta version ovulation ; du Denis Brogniart dans une trompe de Fallope en recherche des reliques du destin.
La beauté du désastre scolaire : l’élève réinvente le monde
Et au fond, c’est peut-être ça, la beauté du désastre scolaire : l’élève ne répond pas à la question, il réinvente le monde. Un monde où la science est une rumeur, où les organes ont des intentions, où :
- l’ADN « évite les surprises » comme un videur de boîte,
- où l’éducation sexuelle ressemble à une conversation entre trois cousins à un mariage de province.
Je me moque, bien sûr, mais avec tendresse. Parce qu’à cet âge-là, tout le monde a écrit ou exprimé d’énormes conneries avec la certitude d’un Einstein sous Red Bull gazéifié au protoxyde d’azote. Sauf que pour eux, leur énormité finit dans les compilations.
L’éternité, tient parfois à une copie double et à une phrase sur des spermatozoïdes survitaminés.
P.S : l’italique présente les réponses enregistrées sur les copies
Semaine prochaine la suite : Les perles d’examen venues de l’étranger sur le sexe
A la semaine prochaine …


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